Rixensart ne mérite pas une accélération de la bruxellisation

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Ce 30 novembre 2011, le Collège communal de Rixensart a présenté au vote l’avant-projet du Plan communal d’Aménagement dit ‘de la gare de Rixensart’ (PCA) … en fait celui du coeur de notre commune.

La majorité NAP/PS/ECOLO retient trois nouveaux axes de densification et veut

– favoriser la densification le long de l’axe structurant rue Boisacq, rue Aviateur Huens et la rue de la Gare.

– urbaniser partiellement l’intérieur d’îlot entre la rue Huens et la rue des Ecoles.

– urbaniser le domaine ‘Notre Maison’

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En résumé, le Collège planifie de

– remplacer le sentier de la Procession en y créant une nouvelle artère, reliant la rue des Ecoles à la rue Huens (+ 25 unités de logement) ;

– conforter, dans le périmètre de la nouvelle gare du RER, le rôle d’axe urbain formé par les rues aviateur Huens, Boisacq et avenue de Merode, et y créer une nouvelle voirie en remplacement du sentier de la Procession ;

– créer, dans l’îlot Sorbiers-Rossignols, une nouvelle rue reliant le sentier des Rossignols et l’avenue des Sorbiers et y construire trois immeubles à appartements, une quinzaine de maisons et des duplex (+ 60 unités de logements)

Les termes souvent sans nuances de ce PCA imposent à PROXIMITÉ de présenter au Collège et au Conseil les enseignements tirés de la lecture de l’avant-projet proposé par le bureau Dessin et Construction et d’examiner si celui-ci répond à l’aménagement du quartier de la Gare à la suite de la mise en place du RER.

Ainsi, PROXIMITÉ constate-t-il que la densification proposée ne tient pas compte des habitants actuels de Rixensart et ne respecte pas les raisons pour lesquelles ils sont venus s’y établir. D’autre part, ce PCA n’apporte aux Rixensartois aucune amélioration de leur qualité de vie, ni du cadre de celle-ci. C’est un projet inutile et même dangereux, car il ouvre des portes qui ne devraient en aucun cas l’être. Pouvons-nous rappeler que notre commune n’est pas au service du RER mais que c’est l’inverse.

pca,rixensart,gare,huens,écoles,procession,notre maisonMichel WAUTOT

 

 

 

 

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DOSSIER EXPLICATIF DE PROXIMITÉ

Introduction

La finalité d’un PCA est d’apporter une amélioration du cadre de vie tant au profit des habitants du site concerné que de ceux de toute la commune.

L’objecitf à atteindre est, à partir de l’examen de la situation existante, de porter remède aux déficiences ou aux manques tant de l’aménagement urbanistique général et particulier que des flux de circulation, en conservant les caractéristiques fondamentales de la commune : citadine, rurale…

L’avant-projet du PCA dit ‘de la gare de Rixensart’ répond-il à cette finalité et à l’objectif à atteindre ?

Normalement, l’avant-projet aurait dû se concentrer sur les conséquences, pour le quartier de la gare, de la création de la grande dalle de béton du RER, d’en examiner les nuisances et aussi les avantages et d’y porter remède, quand nécessaire, au profit des habitants.

La lecture du document est sans surprise dans son articulation qui, dans ses chapitres I et II « Situation existante de fait » et « Situation de droit » reprend toute une série de données du Schéma de structure, du RCU et du Plan de mobilité intercommunale.

Dans le chapitre III « Options urbanistiques », il n’est fait aucunement mention de mesures destinées à améliorer la qualité du cadre de vie, mais uniquement « comment densifier » le quartier autour de la gare. Seul cet élément du PCA est détaillé, plans à l’appui. Les autres points ne font l’objet que de considérations passe-partout valables pour tout aménagement urbanistique.

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L’amélioration du cadre de vie passe-t-il par la densification ?

Pouvons-nous rappeler qu’en Brabant wallon, Rixensart arrive en tête des 27 communes en ce qui concerne le pourcentage (60%) de surface construite par rapport à son territoire.

Pour PROXIMITÉ, la densification proposée n’est certainement pas une amélioration du cadre de vie pour les habitants actuels de Rixensart. On est d’ailleurs en droit de se demander si le choix de ce type de densification est celui du bureau d’études ou celui des édiles communaux.

Dans cet avant-projet, succinct comme il se doit, sauf au sujet de la densification, relevons les contradictions ou les artifices utilisés pour rendre la méthode « acceptable ».

– Nous sursautons déjà en lisant, pages 26 et 37, que l’on veut « urbaniser partiellement l’intérieur d’îlot entre la rue Huens et la rue des Ecoles ». Le projet proposera de préférence un habitat groupé proposant de nouvelles formes d’habiter en ‘ville’.

– Nous sommes dubitatifs devant la garantie donnée page 20 à propos de la zone résidentielle : « On y encourage une relative densification qui garantit également la qualité du cadre de vie »… Depuis quand une densification garantit-elle la qualité d’un cadre de vie ? Qu’est-ce qu’une relative densification ?

– Et en page 27, ils disent « Respecter et conforter les caractères spécifiques des différents quartiers », notamment le « Caractère villageois (1) du quartier des écoles ». Ce (1) renvoie en bas de page où l’auteur de projet extrait une phrase du Schéma de structure : « Selon le Schéma de structure, le caractère villageois sous-entend : « une vie et un sentiment d’appartenance à un quartier ainsi que des relations conviviales entre les habitants ». Joli tour de passe-passe, qui met une commune de Bruxelles sur le même pied que Rixensart, car le terme villageois utilisé n’est plus une notion urbanistique mais définit un comportement social.

Il faut raison garder. Le Schéma de structure communal préconise bien : « Rixensart doit rester une commune verdoyante et aérée, à caractère villageois et principalement résidentiel (…) sur le plan des relations humaines, on veillera à maintenir le caractère villageois là où il existe et à le susciter dans les autres cas ».

Et à propos de la densification, le PCA préconise, page 26, quelques options urbanistiques : « Les densités actuelles étant respectivement de +/- 20 logements à l’hectare en centre urbain et de +/- 12 en résidentielle dense, la première option urbanistique est de densifier ces zones ». Il y a encore de la marge, puisque le nouveau schéma prévoit 60 logements en centre et 25 en résidentiel…

Comme repris plus haut, trois axes de densification sont retenus : « favoriser la densification le long de l’axe Boisacq, Huens et rue de la gare ; urbaniser partiellement l’intérieur d’îlot entre la rue Huens et la rue des Ecoles, urbaniser le domaine ‘Notre maison’ ». Quant aux voiries d’îlot Ecoles et de Notre Maison, ils les justifient page 26 : « Créer de nouvelles voiries résidentielles à vocation locale d’un point de vue desserte automobile et qui complètent le réseau de mobilité lente dans son maillage urbain (accès à l’école, à la gare, au parc communal ». Un style alambiqué, quasi abscons, dans le but de pouvoir transformer le sentier de la Procession en rue avec son débouché ou dans la rue des Ecoles étroite et encombrée le matin, le midi et le soir, soit trop près du tournant de la rue Aviateur Huens.

Constats

1. Ilot Procession 

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Transformer le sentier de la Procession en une rue est un non-sens absolu. D’abord, on ne transforme pas un sentier en rue parce qu’on en a envie. Ensuite, ce grand îlot (pour Rixensart) avec ses jardins, ses potagers et ses vergers est le seul exemple d’un parcellaire villageois de ce type (n’oublions pas qu’il faut renforcer notre caractère villageois !). Il offre à ses riverains un espace de détente, de calme et de convivialité. Y faire pénétrer des autos, y construire +/-25 logements en créant, comble de l’absurde, un espace public résidentiel, tient de la faiblesse intellectuelle et de l’agression vis-à-vis des citoyens par indifférence. La densité actuelle de cet îlot est de 11,7 logements/ha , elle passerait à 29 logements/ha.

 

2. Ilot Sorbiers-Rossignols

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Cet habitat sera inscrit dans un des endroits les plus humides de la commune. Ce qui sera le cas des trois immeubles à appartements avec en prime, une vue sur le mur en béton, type ‘bande de Gaza’, du chemin de fer. A nouveau un envahissement de 60 logements grâce à la création d’une nouvelle voirie mais comme le disait l’auteur de projet « En compensation sera créé un sentier verdurisé qui rejoindra celui des Rossignols défiguré par le béton de la SNCB. »

Tout comme le sentier de la Procession, ici aussi le sentier deviendrait une voirie à laquelle se grefferaient d’autres voiries. Il semble qu’à cet endroit, des accès pour les services de sécurité ne seraient pas prévus. Qui plus est, jouxtant les étangs du Parc communal, ce site est un des derniers espaces sauvages de la commune, au même titre que le Carpu, le Confluent et le Grand-Cortil. Sans parler du relief difficile de l’endroit, totalement défavorable aux personnes âgées et aux mamans avec de jeunes enfants. Alors que l’on prône la mobilité douce, l’automobile y deviendrait un outil incontournable.

On est en droit de se demander qui aurait envie d’inviter ses enfants ou ses vieux parents à habiter un endroit si humide et si proche du trafic ferroviaire ?

La densité actuelle de cet îlot est de 37,9 logements/ha, elle passerait à 57,1 logements/ha. Ce qui nous ramène au Conseil communal du 25 juin 2010 où nous avions argumenté contre l’augmentation de la densité que le Collège avait portée de 45 à 60 logements/ha. Aujourd’hui, nous avons l’explication de l’acharnement du Collège à vouloir maintenir cette augmentation : le projet Notre Maison était déjà prévu et il fallait le justifier.

 

3. Avenue Martin Luther-King

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Projet moins visible dans ce PCA, les nouvelles constructions le long de cette avenue qui forme un angle aigu avec la rue de la Gare, offriront un intérieur d’îlot rappelant la promiscuité des îlots de ville où l’arrière des maisons d’une rue sera tout près de l’arrière des maisons de la rue parallèle. Ici encore un aménagement typique de territoire citadin.

Ce projet global de densification portera les densités en zone de centre de 28,6 logements/ha à 46,5 logements/ha et en zone résidentielle de 11,3 logements/ha à 25 logements/ha.

 

Conclusion

L’auteur de projet ‘Dessin et Construction’ a décidé de préconiser, comme seule approche du PCA dit ‘de la gare de Rixensart’, une densification sans nuance. Par contre, on ne trouve pas de mesures typiques d’amélioration de la qualité du cadre de vie. Rixensart méritait mieux.

Ce PCA et la solution préconisée confortent singulièrement l’analyse que PROXIMITÉ avait faite à propos de la réactualisation du Schéma de structure. Nous y dénoncions la hausse des densités et la sujétion à la pensée unique d’un certain aménagement du territoire (mal compris) : « Il faut densifier », solution qui va encore accélérer le processus de bruxellisation en-cours depuis déjà de nombreuses années.

 

Notre vision d’un meilleur cadre de vie à Rixensart

1. Aménager la dalle de la gare de Rixensart de façon paysagère ;

2. Bâtir le PCA à partir d’une place publique pour créer un espace piétonnier et convivial;

3. Contrôler le stationnement afin d’éviter tout blocage des aires de stationnement ;

4. Développer le circuit de la circulation lente : en préconisant un retrait plus important des nouvelles constructions par rapport aux voiries principales existantes, afin d’y élargir les trottoirs et en y incorporant une piste cyclable ;

5. Immeubles neufs : les véhicules devront avoir un emplacement en site propre ;

6. Niveaux des immeubles : le nombre de niveaux sera au maximum de trois dont un dans la toiture ;

7. Baser la densification sur l’évolution du bâti réparti sur les voiries existantes

Comme fondement d’une densification, nous ne voulons pas prendre appui sur l’argument « qu’il faille densifier pour permettre aux jeunes et aux personnes âgées de se loger à bon compte au centre de la commune ». Nous savons tous que la position géographique de Rixensart par rapport à Bruxelles, que la demande croissante de logements jointe à la hausse foncière, ne permettront pas la construction de logements à bon marché au centre de Rixensart. Et puis, où s’arrêter ? Avons-nous l’obligation de loger tous ceux qui souhaitent s’installer dans notre commune ? Devrions-nous dès lors créer encore et encore de nouvelles voiries et remplir tous les espaces constructibles actuels ? Répondre oui à cette question est un oui à l’urbanisation citadine.

Toutefois, PROXIMITÉ reste les deux pieds sur terre. Nous pouvons accepter une densification, au profit de nos concitoyens, basée sur l’évolution du bâti réparti sur les voiries existantes, soit par subdivision d’un bâtiment, soit par un nouveau bâti ou le remplacement d’un ancien. PROXIMITÉ accepte aussi que une densification qui tienne compte du nombre d’habitants de Rixensart et du respect des raisons pour lesquelles ils sont venus s’y établir, la plupart d’entre eux pour y trouver le cadre de vie qu’ils méritent.

Ce PCA n’apporte aux Rixensartois aucune amélioration de leur qualité de vie et du cadre de celle-ci. C’est un projet inutile et même dangereux, car il ouvre des portes qui ne devraient en aucun cas l’être.

Pouvons-nous rappeler que notre commune n’est pas au service du RER mais que c’est l’inverse.

Nous demandons au Collège qu’il fasse part à l’auteur de projet de fonder son projet de PCA, non sur un plan de densification par une extension de voiries et de quartiers, mais sur des mesures qui améliorent réellement le cadre de vie des Rixensartois dans le cadre de l’implantation du RER.

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