Exclusion numérique : osons une approche plus globale

rixensart,nouvelles technologies,formation,seniors« 2 ordinateurs, 2 tablettes, 2 smartphones, 2 gsm subventionnés (…) » (1), c’est la réponse donnée par l’Echevine des Aînés à l’appel à projet (2), sous le titre évocateur ‘Santé des aînés : en mouvement contre l’isolement’. En fait, elle vise « la création d’une classe d’apprentissage des outils de communication spécifiquement adaptée aux aînés ».

En soi, l’initiative est louable, mais elle manque cruellement d’ambition. Qui plus est, PROXIMITÉ aurait aimé entendre qu’une réflexion préalable avait été menée sur la problématique de la fracture numérique dont souffrent celles et ceux qui, pour diverses raisons, – financières, handicap, manque de formation (3) -, ne savent pas se servir d’un pc et ne peuvent effectivement prendre part aux différents services du web (surfer, envoyer un mail, …).

Nous savons qu’en 2012, 20% des ménages belges ne disposaient pas d’ordinateur et 22% n’étaient pas connectés à Internet. C’est ce qui ressort des résultats de l’enquête Technologies de l’Information et de la Communication (TIC)(4). Et la situation n’évolue guère : en 2014, un cinquième de l’ensemble des ménages wallons restait encore en marge de la société de l’information (5).

Une approche plus globale doit donc être trouvée à Rixensart, car il faut tenir compte de trois fossés numériques : générationnel, social et culturel. Les acteurs tels que le CPAS, D’Clic et la Maison de l’Emploi devraient s’associer au projet et identifier les groupes de personnes qui ont besoin de sortir de l’exclusion numérique, de s’intégrer dans la société de l’information et de participer pleinement aux nouvelles façons de vivre ensemble.

Quelles pistes suivre ? PROXIMITÉ propose de prendre exemple sur Wavre, Waterloo et Ottignies-Louvain-la-Neuve qui ont déjà créé leur ‘Espace Public Numérique’ (EPN), un concept que la Région wallonne promeut et subventionne (6). « C’est une structure de proximité ouverte à tous équipée de matériel informatique et connectée à Internet. Un EPN offre de l’accès et de l’apprentissage à l’informatique, à Internet et à la culture. Il propose des services diversifiés d’accès, de formation et d’accompagnement, adaptés aux besoins de ses publics ».

Il en existe déjà 150 en Wallonie, dont 16 en Brabant wallon. Ce sont en tout 1.455 ordinateurs, soit une moyenne de 10 par EPN. Un EPN ouvre en moyenne 25h par semaine; 40 % d’entre eux ouvrent au moins une fois en soirée et le week-end. Par ordre d’importance de fréquentation (6), on y retrouve des seniors, personnes émanant du CPAS, femmes seules, adolescents, demandeurs d’emploi.

Vouloir c’est pouvoir …

rixensart,magasins de nuit,night-shopsEric de SÉJOURNET

 

 

 

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(1) Conseil communal de Rixensart, 29 avril 2015
(2) Carnets de Proximité, Nouvelles technologies … premier pas timide en faveur des +65, 30 avril 2015

(3) Service Public Fédéral Economie, Direction générale Statistique et Information économique. « La fracture digitale se résorbe. 10% de ménages en plus sur la toile ». In communiqué de presse du 29 octobre 2007.
(4)
 Service Public Fédéral Economie, Direction générale Statistique et Information économique. « Un PC dans 4 ménages sur 5 ». In communiqué de presse du 11 avril 2013.
(5) Wallonie Agence du Numérique, Baromètre TIC 2014 de la Wallonie, juin 2014
(6) EPN de Wallonie
(7) Illustration > Espaces Publics Numériques (France)