La transparence n’est pas un rêve … c’est une exigence ! (3)

Exigence Rêve.jpg

Depuis quelques temps, dans certaines communes, la transparence n’est plus un rêve…c’est la volonté des mandataires communaux et une marque de respect vis-à-vis de leurs citoyens. Ceux-ci sont considérés comme des partenaires à part entière dans les aspects importants de la gestion de leur commune. Ils sont invités à participer activement à l’élaboration de grands projets et à suivre l’évolution de leur cadre de vie. Ils connaissent l’agenda annuel des rencontres de quartier avec leurs mandataires communaux qui, soucieux de la transparence, déclarent leurs activités et tous leurs mandats sur le site de la commune ainsi que le nom des représentants dans les différentes commissions communales.

La transparence c’est diffuser, au moyen d’une bonne communication, des informations fiables et pertinentes. Dans de telles conditions, elle suscite de l’intérêt, devient un tremplin d’idées neuves, elle permet de mesurer l’adéquation entre les déclarations des mandataires et leurs réalisations tout en étant par ailleurs un réel obstacle aux malversations diverses.

Par contre, … l’absence de transparence crée la méfiance. C’est parier sur l’ignorance et la passivité des citoyens. C’est permettre à nos mandataires de faire leur propre publicité … à leur manière, à jouer sur la sympathie plutôt que sur leurs véritables réalisations et à s’imprégner d’une certaine conception élitiste de leur fonction.

La transparence est donc vraiment le propre d’un mandat représentatif car elle permet d’apprécier l’intégrité et l’éthique d’un mandataire. Les élus ne sont ni les propriétaires ni les souverains de la commune. Ils ne sont que locataires de la maison communale. Ils ne reçoivent pas un blanc-seing tous les six ans pour faire ce pourquoi ils s’entendent entre eux. Dans la société multi connectée d’aujourd’hui, l’intelligence des citoyens ne peut plus être ignorée et le manque d’information, le manque de communication à leur égard pourraient être interprétés comme une forme de mépris et d’arrogance. Les mandataires politiques tirent leur légitimité de leurs électeurs. De par leur élection, ils reçoivent une procuration pour un temps déterminé, une autorité de représentativité. Ils n’en deviennent pas pour autant, eux-mêmes, une autorité ! Ils exercent un service pour lequel ils sont rémunérés par leurs concitoyens pour agir en leur nom et pour eux, pour le bien commun ! Une attitude responsable et consciencieuse ainsi qu’un devoir d’humilité s’imposent donc !

Les représentants politiques sont censés œuvrer dans l’intérêt général de la population. Ils ont par voie de conséquence, l’obligation morale d’écouter, d’agir et de rendre régulièrement des comptes à leurs mandants. Mais rendre quels comptes ? … à qui ? … si personne n’est valablement informé, si personne n’est vraiment au courant de ce qui se prépare dans le secret de la maison communale ? Bien sûr, tout un chacun a toujours la possibilité d’assister au conseil communal…mais assister ne veut pas encore dire comprendre ni donner son avis. Bien trop souvent, les points mis à l’agenda, ne font pas l’objet d’une réelle présentation ou d’un débat de fond. Ils sont généralement supposés connus des membres du conseil et bouclés par un accord de majorité avant l’entame de la discussion en séance publique. Il s’agit donc là, pour le citoyen, d’une attitude résolument passive qui génère tout naturellement un désintérêt et une grande lassitude. La transmission du savoir est capitale et elle appartient à nos mandataires. Ce n’est pas à travers leur site individuel étoffé à leur gloire personnelle, que l’électeur se rendra compte du travail réellement accompli mais bien grâce à la communication permanente du collège communal, à son écoute, aux rencontres régulières avec les électeurs éventuellement sous une forme de gouvernance participative, grâce également au rapport communal annuel des activités rendu public et rédigé par les membres du collège des bourgmestre et échevins ainsi que par l’administration communale … en résumé, grâce aux liens constructifs, vrais et permanents tout au long du mandat qui leur est confié.

Les mandataires sont, pour la durée de leur mandat, les véritables détenteurs de la démocratie. Il leur appartient de la faire vivre, de l’animer par l’action et le partage d’informations et par une bonne communication. C’est aussi le seul moyens de maintenir l’intérêt du citoyen, de véritablement le respecter, de le responsabiliser à la gestion de sa commune et de son cadre de vie. Une politique transparente devrait aussi avoir pour effet de choisir les élus sur base de leurs réalisations, de leurs idées, de leurs propositions concrètes et de les obliger à se consacrer totalement à leur tâche durant toute la durée de leur mandat, sans qu’ils se soucient trop tôt de leur réélection et sans pour autant entamer une ‘campagne électorale’ un an avant l’heure pour s’assurer d’être suffisamment connu !

A l’aube de cette année électorale faisons de la transparence une exigence car elle engendre la connaissance et … l’écoute, le respect. Ne s’agit-il pas là, deux éléments essentiels en démocratie pour mener à bien l’action politique de proximité communale ? Restons plus que jamais attentifs durant la campagne électorale et vigilants au moment de voter car « le monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le mérite même » (1).

Etienne DUBUISSON (2)


(1) de LA ROCHEFOUCAULD François (1613-1680), Réflexions ou Sentences et Maximes morales
(2) DUBUISSON Etienne, La transparence n’est pas un rêve … c’est une exigence !, in Le Vif, 20 janvier 2018

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :